Une étude d’EDF confirme le caractère très bas carbone du nucléaire : Energie & Environnement

20 juin 2022

Chaque kilowattheure (kWh) d’électricité produit par le parc de réacteurs d’EDF en France émet l’équivalent de moins de 4 grammes de dioxyde de carbone (CO2), selon une analyse du cycle de vie (ACV) publiée par l’entreprise. L’analyse montre que la plupart de ces émissions se produisent dans les phases en amont du cycle de vie.

La centrale nucléaire de six tranches de Gravelines dans le nord de la France (Image : EDF)

EDF a indiqué que étude – publiée le 16 juin – a été réalisée sur le parc nucléaire en exploitation, et selon une méthodologie standardisée. “Il est intégré et porte non seulement sur les critères de changement climatique, mais aussi sur neuf autres critères d’impact environnemental, afin d’évaluer non seulement les transferts entre étapes du cycle de vie, mais aussi entre critères”, note-t-il.

« La méthodologie ACV est standardisée, sa mise en œuvre demande une grande rigueur et la collecte d’une quantité considérable de données pour lesquelles les professions ont été fortement sollicitées », précise EDF. “Cette étude a fait l’objet d’un examen critique par un panel d’experts indépendants, dont la complémentarité répondait aux exigences des normes ISO 14044 et ISO/TS14071.”

Ces experts considèrent “que les résultats fournis répondent de manière adéquate et crédible aux objectifs mentionnés et qu’ils ont été établis conformément aux normes mentionnées”.

Le périmètre de l’étude comprend les données du parc nucléaire d’EDF en 2019 : 34 900 réacteurs MW, dont 22 à combustible à oxydes mixtes (MOX), 20 1300 réacteurs MW et 4 1450 réacteurs MW. Elle prend donc en compte la production des deux unités de Fessenheim, arrêtées en 2020. L’étude ne prend pas en compte le transport d’électricité.

L’analyse a révélé que l’électricité produite par la flotte émettait un total de 3,7 g d’équivalent CO2 par kWh. Les phases amont du cycle représentent 57 % de ces émissions, tandis que la phase « production » représente 28 %. La construction représente 16 %, les principaux contributeurs étant le ciment (6 %), les aciers non alliés (3 %) et les aciers à béton (2 %). Le démantèlement ne représente qu’une part marginale : 3 %, tandis que l’exploitation représente 9 %.

Des études de sensibilité montrent qu’une durée de vie de 60 ans d’un réacteur réduit l’empreinte carbone de 8 % (3,4 g CO2/kWh) par rapport à une durée de vie de 40 ans. L’impact d’une variation de 10% de la production annuelle d’électricité par rapport à 2019 est de 0,1 g CO2/kWh, précise EDF. La société conclut que la sensibilité globale offre une plage de 2,9 à 4,6 g d’équivalent CO2/kWh.

EDF précise que le résultat de l’ACV “confirme le caractère très bas carbone de cette énergie. L’étude vise également à identifier les actions d’amélioration environnementale les plus performantes et s’inscrit dans un objectif de management environnemental. Elle vise à mieux connaître les contributions de chacun marcher.”

L’entreprise rappelle que le chiffre de référence pour le nucléaire au niveau international est celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat : 12g CO2 eq/kWh. En France, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans sa base de données, estime les émissions d’un kWh nucléaire à 6g de CO2. A titre de comparaison, les émissions des centrales au gaz sont encore estimées par l’Ademe à 418g CO2 par kWh et celles des centrales au charbon à 1058g CO2 par kWh. Quant aux énergies renouvelables, le kWh en France tourne autour de 10g pour l’éolien et de 30g pour le solaire photovoltaïque.

Début 2018, le groupe EDF s’est engagé à réduire ses émissions directes de CO2 (hors ACV du parc de production et du combustible) d’ici 2030 de 40 % par rapport à 2017, visant à les faire passer de 51 millions de tonnes à 30 millions de tonnes. d’ici 2030. En février 2020, elle s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

EDF a déclaré que l’électricité qu’elle produit en France est à plus de 97% sans CO2, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. Il compte 56 réacteurs en exploitation et un en construction.

La production nucléaire du groupe en France en mai 2022 s’est élevée à 20,5 TWh, en baisse de 7,0 TWh par rapport à mai 2021. Depuis le début de l’année, la production cumulée s’est élevée à 133,9 TWh, en baisse de 20,1 TWh sur un an du fait d’une disponibilité du parc nucléaire principalement en lien avec l’impact de la détection d’indices de corrosion sous contrainte.

Recherche et rédaction par World Nuclear News



Leave a Reply

Your email address will not be published.